OpenSUSEVoici le premier d’une série d’articles sur la distribution OpenSUSE Leap employée sur des postes de travail professionnels. Ce premier article décrit pas à pas l’installation toute simple d’un poste de travail basé sur l’environnement de bureau KDE. Cette installation nous servira de base pour des configurations personnalisées que nous aurons l’occasion d’aborder ultérieurement.

OpenSUSE Leap 15.0 KDE

À la découverte d’OpenSUSE Leap

Depuis quelque temps, j’expérimente avec la distribution OpenSUSE Leap, et je dois avouer que je suis assez séduit. J’ai eu l’occasion dans le passé de tester OpenSUSE, à l’époque où elle s’appelait simplement SuSE (pour Software- und Systementwicklung), et si mon souvenir est bon, mes premières expériences remontent à la version 7.3 aux alentours de 2002. À l’époque j’étais un dur à cuire, je ne jurais que par Slackware, et même si SuSE était historiquement dérivée de cette dernière, le pingouin en herbe que j’étais ne jurait que par la ligne de commande et méprisait les clicodromes comme YaST, le fameux panneau de configuration de SuSE.

Les années ont passé, j’ai utilisé successivement toute une série de distributions pour finalement me caler sur CentOS, la plus ennuyeuse de toutes, que j’utilise sur tous mes serveurs et sur tous mes postes de travail. Or, la dernière mise à jour de mes postes de travail basés sur CentOS 7.5 vers la version 7.6 s’est plutôt mal passée, et à mon humble avis, Red Hat a pris une série de décisions plus ou moins calamiteuses comme l’abandon du bureau KDE et la transformation de GNOME en cible mouvante entre deux versions mineures. Je ne rentrerai pas dans les détails techniques, mais il est clair que sur mes postes de travail – ceux que j’installe à mes clients – il me faut autre chose que CentOS.

J’ai décidé d’adopter une démarche purement pragmatique pour trouver le remplaçant idéal. Dans un premier temps, j’ai rédigé un cahier des charges dans lequel j’ai noté en détail toutes mes exigences autour d’un poste de travail. J’ai éliminé d’emblée toute une série de distributions dont je savais qu’elles ne correspondaient pas du tout à mes besoins. Je me suis retrouvé avec trois finalistes, que j’ai dûment testés. Là aussi, je vous fais grâce des détails, sous peine de me retrouver avec un tsunami de flames dans les commentaires. Bref, deux des trois finalistes ont fini par être éliminés pour cause de bugs prohibitifs ou autres insuffisances diverses et variées. Et voilà donc une semaine que je suis dans la phase lune de miel avec OpenSUSE Leap, qui viendra donc progressivement remplacer mes configurations poste de travail “aux petits oignons” basées sur CentOS 7.

Étant donné que j’aime bien partager le fruit de mes expérimentations dans ce blog, je commence par le commencement, et ce premier article sera donc consacré à l’installation toute simple et toute bête d’un poste de travail OpenSUSE Leap 15.0 KDE dans sa configuration par défaut.

Confectionner les supports d’installation

Les fichiers ISO de la distribution sont disponibles sur la plateforme http://download.opensuse.org, dans le répertoire distribution/leap/15.0/iso. La distribution SuSE a connu un historique des versions quelque peu erratique, étant donné qu’on est passé de la version 13 à la version 42, puis à la version 15. Retenez juste qu’à ce jour, la version 15.0 est considérée comme la version stable officielle.

Téléchargement OpenSUSE

Ici, je récupère les deux fichiers ISO suivants.

Je grave ces deux fichiers respectivement sur un DVD et sur un CD. Notez que ce dernier me servira pour les machines qui ont des problèmes à démarrer sur un DVD, ce qui peut arriver de temps en temps.

Le fichier openSUSE-Leap-15.0-DVD-x86_64.iso est hybride, je peux donc l’écrire directement sur une clé USB pour en faire un support d’installation pour les machines dépourvues de lecteur optique.

$ sudo dd if=openSUSE-Leap-15.0-DVD-x86_64.iso \
  of=/dev/sdX bs=1M status=progress

Réinitialiser le disque dur

J’ai pu noter une particularité du programme d’installation d’OpenSUSE.

  • Si l’on dispose d’un disque avec une table de partitions dos, il peut arriver que ce format soit gardé.
  • En revanche, si l’on part d’un disque dur dépourvu de table de partitions, le programme de partitionnement utilisera toujours une table de partitions gpt.

J’en conclus qu’avant de lancer l’installation à proprement parler, ce n’est pas une mauvaise idée de réinitaliser le disque dur pour partir sur des bases saines. Pour ce faire, j’utiliserai le support d’installation d’OpenSUSE, qui fait également office de système de secours.

Je démarre sur le DVD (ou la clé), j’appuie sur F2 pour sélectionner la langue française, puis je sélectionne Plus > Système de secours dans le menu principal du DVD.

Voici à quoi ressemble mon disque dur.

0:rescue:~ # lsblk
NAME   MAJ:MIN RM  SIZE RO TYPE MOUNTPOINT
loop0    7:0    0   65M  1 loop /parts/mp_0000
loop1    7:1    0 12.9M  1 loop /parts/mp_0001
loop2    7:2    0 49.6M  1 loop /mounts/mp_0000
loop3    7:3    0 44.1M  1 loop /mounts/mp_0001
loop4    7:4    0  4.1M  1 loop /mounts/mp_0002
sda      8:0    0   40G  0 disk 
├─sda1   8:1    0    8M  0 part 
├─sda2   8:2    0 24.8G  0 part 
├─sda3   8:3    0 13.2G  0 part 
└─sda4   8:4    0    2G  0 part 
sr0     11:0    1  3.7G  0 rom

Je vais me servir de l’outil de partitionnement gdisk pour remettre à zéro ma table de partitions. Plus exactement, c’est la fonctionnalité avancée zap/destroy qui me permettra de réinitialiser le disque.

0:rescue:~ # gdisk /dev/sda
GPT fdisk (gdisk) version 1.0.1

Partition table scan:
  MBR: protective
  BSD: not present
  APM: not present
  GPT: present

Found valid GPT with protective MBR; using GPT.

Command (? for help): x

Expert command (? for help): z
About to wipe out GPT on /dev/sda. Proceed? (Y/N): y
GPT data structures destroyed! You may now partition the disk 
using fdisk or other utilities.
Blank out MBR? (Y/N): y

Et voilà un disque dur tout propre.

0:rescue:~ # lsblk
NAME  MAJ:MIN RM  SIZE RO TYPE MOUNTPOINT
loop0   7:0    0   65M  1 loop /parts/mp_0000
loop1   7:1    0 12.9M  1 loop /parts/mp_0001
loop2   7:2    0 49.6M  1 loop /mounts/mp_0000
loop3   7:3    0 44.1M  1 loop /mounts/mp_0001
loop4   7:4    0  4.1M  1 loop /mounts/mp_0002
sda     8:0    0   40G  0 disk 
sr0    11:0    1  3.7G  0 rom

Démarrer l’installation

Je démarre sur le DVD, j’appuie sur F2 pour sélectionner la langue française, et cette fois-ci, j’opte pour Installation.

Installation OpenSUSE Leap 15.0 KDE

Le premier écran de l’installateur me permet de choisir la disposition de mon clavier.

Le premier écran de l’installateur me permet de choisir la disposition de mon clavier.

Dans l’écran de sélection de l’interface utilisateur, j’opte pour le bureau KDE proposé par défaut.

Installation OpenSUSE Leap 15.0 KDE

Partitionner le disque dur

Le schéma de partitionnement automatique proposé par l’installateur est basé sur le système de fichiers Btrfs, que je préfère éviter pour toute une série de raisons. Au lieu de cela, je vais donc opter pour le partitionnement manuel, avec un schéma de partitionnement relativement simple.

  • une partition BIOS boot de 8 Mo
  • une partition /boot de 500 Mo et formatée en ext2
  • une partition principale occupant le maximum d’espace disponible sur le disque et formatée en ext4
  • une partition d’échange dont la taille est égale à la quantité de RAM de la machine

Notez que la partition BIOS boot est nécessaire pour gérer un disque avec une table de partitions gpt depuis un BIOS traditionnel.

Dans le menu de l’installateur, j’opte donc pour le Partitionnement en mode expert > Démarrer avec les partitions existantes et je clique sur Suivant.

Installation OpenSUSE Leap 15.0 KDE

Voici une petite vue d’ensemble de toutes les étapes par lesquelles il faut passer pour créer les quatre partitions.

  1. Partition BIOS boot : Ajouter > Taille personnalisée : 8 MiB > Rôle : Raw Volume (unformatted) > Partition ID : Partition de démarrage du BIOS.
  2. Partition /boot : Ajouter > Taille personnalisée : 500 MiB > Rôle : Operating System > Système de fichiers : ext2 > Point de montage : /boot
  3. Partition principale : Ajouter > Taille personnalisée : soustraire la quantité de swap que l’on veut laisser (par exemple, passer de 39.50 GiB à 37.50 GiB si l’on veut garder 2 GiB pour la partition d’échange) > Rôle : Operating System > Système de fichiers : ext4 > Point de montage : /
  4. Partition d’échange : Ajouter > Taille maximale (vérifier si le compte est bon) > Rôle : swap > Système de fichiers : swap > Point de montage : swap

Au final, on doit se retrouver avec quelque chose qui ressemble à ceci.

Installation OpenSUSE Leap 15.0 KDE

Une fois qu’on clique sur Accepter, l’installateur affiche un récapitulatif des opérations de partitionnement et de formatage.

Terminer la configuration des paramètres

Nous avons fait le gros du travail avec le partitionnement. Le reste de la configuration s’effectue en quelques clics. L’écran subséquent permet de configurer le fuseau horaire.

Installation OpenSUSE Leap 15.0 KDE

Ensuite, on passe à la création de l’utilisateur initial. Rien de spécial à signaler ici, mais on veillera bien à décocher l’option Login automatique, qui est une aberration en termes de sécurité.

Installation OpenSUSE Leap 15.0 KDE

On arrive finalement à l’écran qui affiche un récapitulatif complet des paramètres d’installation. La seule chose que je modifie ici, c’est l’activation du serveur SSH et l’ouverture correspondante du port 22.

Installation OpenSUSE Leap 15.0 KDE

Dans la configuration par défaut, la distribution installe un nombre assez important de paquets. Le but manifeste du distributeur est ici d’offrir un environnement de bureau raisonnablement complet.

Installation OpenSUSE Leap 15.0 KDE

Redémarrage initial

Au terme de l’installation, le système redémarre automatiquement, et on se retrouve face au gestionnaire de connexion SDDM.

Installation OpenSUSE Leap 15.0 KDE

Une fois qu’on a pris en compte le célèbre adage selon lequel les goûts et les couleurs ne se disputent pas, on notera quand-même une configuration par défaut plutôt léchée et sobre, aux angles arrondis et à l’esthétisme tout à fait adapté à des postes de travail professionnels.

Installation OpenSUSE Leap 15.0 KDE

Votre poste de travail OpenSUSE est installé. Il ne reste plus qu’à le peaufiner aux petits oignons, en commençant par le terminal et le shell.


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