26 novembre 2017

Linux, c’est difficile ?

Linux c'est difficile ?« Il paraît que Linux, c’est difficile. C’est vrai ? » Voilà le genre de question que j’entends assez régulièrement dans mon quotidien professionnel. Avant de pouvoir fournir une réponse satisfaisante, il est nécessaire d’établir une distinction cruciale entre l’utilisation et l’administration d’un système. Ces deux notions sont bien souvent confondues dans la tête des utilisateurs, et cette confusion est probablement liée à toute une série de peurs plus ou moins rationnelles.

 

Utiliser un système

Lorsque vous utilisez un système, vous manipulez le ou les logiciels qui vous permettent d’être productifs, suivant vos besoins.

  • Un employé de mairie crée des documents sur un traitement de texte ou un tableur.
  • Un artisan établit des factures avec un logiciel de facturation.
  • Un bibliothécaire gère les prêts et les retours d’ouvrages avec un logiciel de gestion de bibliothèque.
  • Etc.

Ce sont là de simples outils de travail, et leur manipulation ne relève pas de la magie noire, à condition de s’être formé un minimum. Notons ici qu’en ce qui concerne les outils de bureautique, les utilisateurs ont pour la plupart appris sur le tas à s’en servir, le plus souvent en manipulant un traitement de texte à la façon d’un passager qui prendrait les commandes d’un Boeing 747, en espérant que l’actionnement de tel ou tel bouton ne déclenche pas une explosion en plein vol.

Entre 2006 et 2008, mon travail consistait à informatiser et mettre en réseau les onze médiathèques de notre Communauté de Communes, en utilisant Linux et les logiciels libres. Je devais également former le personnel des bibliothèques, constitué majoritairement de retraités bénévoles, dont certains se montraient quelque peu réticents face à l’outil informatique qui venait remplacer le système des fiches en carton. Après quelques matinées de formation, les appréhensions diverses et variées ont pu être dissipées, et les bibliothécaires ont pu effectuer leur mission, qui consistait à gérer les emprunts et les retours des ouvrages et la saisie des lecteurs, sans même savoir que le système qui tournait sous le capot s’appelait « Linux ».

Gérer une bibliothèque

 

Administrer un système

En revanche, lorsqu’on administre un système, c’est une autre paire de manches. L’administration d’un système, qu’il s’agisse de Microsoft Windows, de Mac OS X, de Linux, d’un BSD ou autre, c’est tout ce qui touche à…

  • l’installation du système sur le matériel
  • la configuration des périphériques : carte graphique, imprimante, scanner, douchette laser, etc.
  • la création des utilisateurs et la définition des droits d’accès
  • l’installation, le paramétrage, la mise à jour et l’éventuelle suppression de logiciels
  • le paramétrage du ou des serveurs
  • la supervision et la gestion des sauvegardes
  • etc.

L’administration d’un système ne s’improvise pas. Elle nécessite des compétences spécifiques – « pouennetues » comme on dit ici dans le Gard – et en temps normal, dans un environnement de production, ce n’est pas à l’utilisateur de gérer l’administration du système.

Administrer un système

 

Utiliser n’est pas administrer

Le principe de fonctionnement de Microlinux s’appuie sur la distinction constante entre la simple utilisation d’un système et les tâches administratives.

  1. Dans un premier temps, nous établissons ensemble vos besoins en informatique.
  2. En fonction du cahier des charges, je vous propose une configuration matérielle et logicielle adaptée.
  3. J’effectue l’installation « clé en main » dans vos locaux.
  4. Je vous forme aux logiciels que vous utiliserez pour être productif.
  5. À partir de là, c’est vous qui utilisez votre système, et c’est Microlinux qui l’administre.

Administration SystèmeSi cela vous paraît aberrant, songez à votre voiture. Vous avez le permis de conduire, et maintenant vous la conduisez, et c’est tout. Tous les trente mille kilomètres, vous l’amenez chez votre garagiste pour l’entretien courant, les vidanges, les pièces défectueuses qu’il faut changer, etc.

À l’opposé de cette logique, les fournisseurs d’accès à Internet – pour ne citer que cet exemple aberrant parmi tant d’autres – trouvent tout à fait normal que vous configuriez vous-même votre connexion à Internet.

Et si votre concessionnaire de voitures vous demandait de régler vous-même les carburateurs de votre nouvelle Clio ? D’installer et de paramétrer vous-même la nouvelle alarme ? De bien vous occuper vous-même de l’équilibrage des pneus et du passage au marbre ? Vous lui répondriez quoi, à votre garagiste ? Que ça tombe bien, parce que justement vous êtes un passionné de la mécanique et que vous adorez plonger les mains dans le cambouis ?

Vous voyez donc qu’à l’instar de Monsieur Jourdain dans Le Bourgeois Gentilhomme, vous pouvez très bien faire de la prose sans le savoir. Une fois que votre poste de travail ou votre portable tourne sous Linux, il sera aussi facile à manipuler que Microsoft Windows ou Mac OS X. Vous accédez à vos applications et à vos fichiers en cliquant sur les icônes qui les symbolisent, et sans vous soucier de ce qui tourne sous le capot.

 

S’il ne fallait retenir que cela

  • L’utilisation d’un système Linux est aussi facile que celle d’un système comparable tournant sous Microsoft Windows ou Mac OS X.
  • L’administration d’un système Linux n’est pas une tâche triviale et requiert un certain savoir-faire.

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